Aller au contenu

Comptabilité d'un salon de coiffure : l'organiser au quotidien

Caisse sécurisée, prestations et revente, bons cadeaux, stock, paie, TVA, micro ou réel : comment s'organise la comptabilité d'un salon de coiffure.

La comptabilité d'un salon de coiffure se joue d'abord à la caisse. Chaque jour, une clôture qui sépare les prestations, la revente de produits et les modes de paiement. Chaque mois, les factures d'achat, les éléments de paie et, selon votre régime, la TVA. Chaque année, le stock et le bilan. Tenue à ce rythme, la comptabilité d'un coiffeur reste simple. Voici comment l'organiser, que vous coiffiez seul ou avec une équipe.

Cet article parle d'organisation. Les sujets propres au métier (qualification, location de fauteuil, convention collective, pourboires, apprentis) sont sur notre page expert-comptable des coiffeurs.

Chaque jour : la caisse et sa clôture

Si vous êtes redevable de la TVA et qu'un logiciel ou un système de caisse enregistre les paiements de vos clients particuliers, il doit être sécurisé : les données ne peuvent pas être modifiées sans trace, elles sont conservées et archivées. Vous le justifiez par le certificat d'un organisme accrédité ou par une attestation individuelle de l'éditeur, à votre nom. À défaut, l'amende est de 7 500 € par logiciel ou système. Les entreprises en franchise en base de TVA ne sont pas concernées. La dispense prévue quand tous les paiements passent par une banque (carte, virement) tombe dès qu'une partie des paiements passe par un autre moyen, par exemple des espèces ou des chèques cadeaux.

Un système de caisse sécurisé comporte une clôture journalière, mensuelle et annuelle. La clôture du jour est la base de votre comptabilité. Elle fait apparaître :

Pour les espèces, gardez un fond de caisse fixe, déposez le reste en banque avec un bordereau et notez toute sortie. Un achat de dépannage payé avec la caisse se justifie par son ticket, rangé avec la clôture du jour. Chaque semaine, rapprochez les remises de carte du relevé bancaire : un écart se retrouve vite à huit jours, beaucoup moins en fin d'année.

Prestations et revente : deux chiffres à suivre

Vos prestations comme les produits revendus relèvent du taux normal de TVA de 20 %. La séparation ne sert donc pas au taux. Elle sert à trois choses :

Exemple fictif : un samedi, le salon encaisse 1 200 € TTC, dont 1 020 € de prestations et 180 € de produits. Divisés par 1,2, cela donne 850 € de prestations et 150 € de produits hors taxes, et 200 € de TVA collectée. Si tout passe sur une seule touche, la répartition se reconstitue après coup, et elle reste approximative.

Les bons cadeaux : un registre à part

Un bon valable dans votre salon, pour des prestations et des produits au même taux, est en principe un bon à usage unique : la TVA est due à sa vente. Le jour où le client l'utilise, la prestation est déjà taxée. Elle s'enregistre en caisse comme un règlement par bon, pas comme une nouvelle vente, sinon la TVA est comptée deux fois. Si le bon n'est jamais utilisé, la TVA versée ne vous est pas remboursée.

Tenez un registre simple : numéro du bon, date de vente, montant, date d'utilisation ou d'expiration. Il sert aussi à l'arrêté des comptes, pour les bons vendus et pas encore utilisés.

Les achats : trois familles

  1. Les produits de revente, vendus au comptoir.
  2. Les produits techniques, utilisés au bac ou au fauteuil : colorations, oxydants, shampoings professionnels.
  3. Les équipements : fauteuils, bacs, séchoirs, travaux du salon. Ils s'inscrivent à l'actif et s'amortissent sur plusieurs années.

Demandez à vos fournisseurs de distinguer produits de revente et produits techniques sur leurs factures. Transmettez les factures chaque semaine plutôt qu'en fin d'année. Les pièces comptables se conservent dix ans à compter de la clôture de l'exercice.

Le stock à la date de clôture

À la date de clôture, vous comptez les produits en stock, de revente comme techniques, avec pour chaque référence la quantité et le prix d'achat hors taxes. Mettez à part les produits périmés ou abîmés. Nous intégrons ensuite ce stock dans vos comptes annuels. Un stock oublié ou mal évalué fausse le résultat de l'année, et celui de la suivante.

La paie : ce que vous transmettez chaque mois

Pour établir les bulletins, nous avons besoin chaque mois des absences, des heures supplémentaires, des primes et commissions prévues aux contrats, ainsi que des entrées et sorties. Pour un apprenti, transmettez le contrat dès sa signature : ses démarches ont des délais propres. Voir notre service social et paie.

La TVA : à quel rythme la déclarer

Quel que soit le régime, mettez de côté la TVA encaissée : elle n'est pas à vous.

Micro-entreprise ou réel

En micro-entreprise, vos cotisations et contributions sociales se calculent sur le chiffre d'affaires : en 2026, 21,2 % pour les prestations et 12,3 % pour les ventes de produits. Pour un coiffeur immatriculé comme artisan, s'y ajoutent la contribution à la formation professionnelle (0,3 % du chiffre d'affaires) et la taxe pour frais de chambre de métiers. Le régime reste ouvert jusqu'à 83 600 € de prestations et 203 100 € de chiffre d'affaires total. Vous tenez un livre des recettes : pour des ventes au détail ou des services à des particuliers ne dépassant pas 76 € chacun, les recettes peuvent être inscrites globalement en fin de journée, d'où l'intérêt d'une clôture propre. Si la vente de produits devient votre activité principale, tenez aussi un registre des achats. Sinon, il reste utile pour suivre votre marge.

Micro-entreprise ne veut pas dire franchise de TVA. Exemple fictif : une coiffeuse en micro-entreprise réalise 70 000 € HT de prestations et 15 000 € HT de ventes. Elle reste sous les plafonds du micro. Sans Acre, ses cotisations et contributions sociales s'élèvent à 14 840 € sur les prestations et 1 845 € sur les ventes, soit 16 685 €. S'y ajoutent 255 € de contribution à la formation professionnelle et la taxe pour frais de chambre de métiers. Mais ses prestations dépassent le seuil de la franchise : elle facture et déclare la TVA.

Le micro ne déduit aucune charge. Dès que vous avez un local, des salariés ou de gros travaux, comparez avec le réel, où le résultat se calcule sur vos charges réelles. Le choix entre entreprise individuelle et société se pose en même temps : voir SASU ou EURL. Pour connaître le chiffre à atteindre chaque mois, lisez aussi notre article sur les charges fixes et variables.

Les erreurs fréquentes

Questions fréquentes

Je suis en micro-entreprise : dois-je facturer la TVA ?

Seulement au-delà des seuils de la franchise en base. En 2026, pour les prestations, la TVA est due si vous avez dépassé 37 500 € l'année précédente, ou dès le jour où vous dépassez 41 250 € dans l'année. Le régime micro et la franchise de TVA sont deux choses distinctes : on peut être en micro et redevable de la TVA.

Combien de temps garder les clôtures de caisse et les factures ?

Les livres, registres et pièces justificatives se conservent dix ans à compter de la clôture de l'exercice. Les données d'un logiciel de caisse sécurisé sont conservées ligne par ligne pendant le délai de conservation fiscal, avec un archivage au moins annuel. Ce délai de six ans passe à dix ans le 1er janvier 2027, y compris pour les données dont les six ans ne sont pas encore écoulés. Gardez donc les deux : les fichiers du logiciel et les justificatifs.

Un bon cadeau n'a jamais été utilisé : puis-je récupérer la TVA ?

Non. Pour un bon à usage unique, la TVA est due à la vente et ne vous est pas remboursée si le client ne vient pas. Le prix du bon correspond au droit du client à la prestation, qu'il l'exerce ou non.

Dois-je ouvrir un compte bancaire professionnel ?

En micro-entreprise, un compte dédié devient obligatoire quand le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € deux années de suite. Avant, un compte personnel suffit. Un compte séparé dès le départ simplifie pourtant le rapprochement des remises de carte avec vos clôtures.

Nous confier la comptabilité de votre salon

À partir de vos clôtures de caisse et de vos factures, nous tenons votre comptabilité, établissons vos bulletins de paie et vos comptes annuels, et vos déclarations de TVA si la lettre de mission les prévoit. La caisse et le comptage du stock restent entre vos mains : nous vous disons quoi nous transmettre et quand. Vous tenez aussi un institut ? Voir l'esthétique. Nous vous recevons au cabinet de Lyon ou à distance. Pour une proposition de mission, passez par le devis en ligne ou la page contact.

Sources officielles consultées

Lues le 05/11/2026.

---

Rédigé par David Ravouna, expert-comptable inscrit à l'Ordre des experts-comptables Auvergne-Rhône-Alpes.

Parlons de votre situation

Décrivez votre besoin en quelques mots. Le premier échange est sans frais et sans engagement : nous écoutons votre projet, nous présentons les options en général et notre méthode, puis nous vous adressons un devis. Les simulations chiffrées et les comparaisons adaptées à votre situation font l'objet d'une étude préalable, à un prix convenu par écrit avant de commencer.

Merci de ne pas indiquer de données de santé ni de coordonnées bancaires.

ARIS n'envoie ni infolettre ni offre commerciale à partir de ce formulaire. ARIS traite ces données pour répondre à votre demande. Elles sont conservées 3 ans au plus après notre dernier échange et réservées à ARIS et à ses prestataires techniques. Vous pouvez y accéder, les rectifier, les effacer ou vous opposer à leur traitement : contact@aris-expertise.com. Réclamation possible auprès de la CNIL. En savoir plus