Aller au contenu

Charges fixes et charges variables : définitions, calcul et seuil de rentabilité

Charges fixes et variables : définitions, exemples par métier, charges semi-variables, marge sur coûts variables et calcul du seuil de rentabilité.

Une charge fixe est due même quand vous ne vendez rien : le loyer, les assurances, les salaires de l'équipe permanente. Une charge variable suit votre activité : les achats de marchandises, les matières premières, les commissions sur ventes. Classer vos charges fixes et variables répond à une question simple : à partir de quel chiffre d'affaires votre entreprise couvre-t-elle tous ses frais ? C'est le seuil de rentabilité. Il se calcule en trois étapes, que nous détaillons ici avec un exemple chiffré.

Les charges fixes : définition

Les charges fixes, aussi appelées charges de structure, ne dépendent pas du volume de vos ventes. Bon ou mauvais mois, vous les payez : loyer, assurances, abonnements, honoraires comptables, salaires de l'équipe permanente, intérêts d'emprunt, amortissements du matériel et des travaux.

Fixe ne veut pas dire figé. Un loyer est indexé, une assurance augmente. La charge reste fixe parce qu'elle ne bouge pas quand vos ventes bougent. Le test tient en une question : si je ne vends rien ce mois-ci, cette dépense disparaît-elle ? Si la réponse est non, elle est fixe.

Les charges variables : définition

Les charges variables évoluent avec l'activité. Plus vous vendez, plus elles augmentent ; sans vente, elles tombent à zéro ou presque. Ce sont les achats de marchandises et de matières premières, la sous-traitance liée à une commande, les commissions sur ventes et sur les paiements par carte, les emballages et les frais de livraison.

Charges fixes et variables : exemples par métier

Les charges semi-variables

Certaines charges mêlent une part fixe et une part variable. L'électricité comprend un abonnement et une consommation. Un véhicule coûte une assurance et un loyer fixes, et un carburant qui suit les tournées. La maintenance d'une machine fonctionne souvent de la même façon.

D'autres charges sont fixes par paliers : stables, puis en hausse d'un coup quand l'activité franchit un niveau. Un deuxième salarié, un deuxième four, un local plus grand.

Dans les deux cas, séparez la part fixe et la part variable avec une hypothèse simple, et écrivez-la. Une hypothèse écrite se discute et se corrige. Une hypothèse oubliée fausse tout le calcul.

Calculer ses charges fixes, étape par étape

  1. Partez de votre dernier compte de résultat ou de votre prévisionnel. Le compte de résultat classe les charges par nature (achats, services extérieurs, impôts et taxes, charges de personnel, dotations), pas selon qu'elles sont fixes ou variables : ce tri est à faire.
  2. Travaillez en hors taxes. La TVA que vous récupérez ne vous coûte rien. En franchise en base, vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats : comptez alors vos charges TTC.
  3. Classez chaque ligne : fixe, variable, ou mixte à répartir.
  4. Ajoutez votre rémunération de dirigeant si elle n'y figure pas. En entreprise individuelle à l'impôt sur le revenu, elle n'apparaît pas dans les charges : ajoutez le revenu dont vous avez besoin pour vivre.
  5. Divisez le total par douze pour savoir ce que vous devez couvrir chaque mois.

La marge sur coûts variables

La marge sur coûts variables est ce qui reste de vos ventes une fois payées les charges variables. C'est elle qui paie les charges fixes.

Un taux de 65 % signifie que, sur 100 € vendus, 65 € servent à couvrir les charges fixes, puis à dégager un bénéfice.

Seuil de rentabilité et point mort : un exemple chiffré

Le seuil de rentabilité est le chiffre d'affaires à partir duquel le résultat devient positif.

Seuil de rentabilité = charges fixes ÷ taux de marge sur coûts variables.

Exemple fictif : un restaurant prévoit 240 000 € HT de chiffre d'affaires sur l'année.

Avec un ticket moyen de 30 € HT, 180 000 € représentent 6 000 couverts dans l'année, soit 20 couverts par jour sur 300 jours d'ouverture. Ce chiffre parle davantage qu'un montant : le gérant sait s'il est réaliste pour sa salle.

Le point mort est la date à laquelle le seuil est atteint : 180 000 ÷ 240 000 × 360 = 270 jours. Avec une activité régulière dès janvier, le restaurant commence à gagner de l'argent vers la fin septembre. Sa marge de sécurité est de 60 000 €, soit 25 % du chiffre d'affaires prévu : les ventes peuvent baisser d'un quart avant de créer une perte.

Ajoutons la rémunération du gérant, 30 000 € par an cotisations comprises, oubliée dans le premier calcul. Les charges fixes passent à 147 000 € et le seuil à environ 226 000 € HT. La marge de sécurité tombe à 14 000 € environ. Le projet tient encore, mais de peu.

Du seuil de rentabilité au prévisionnel

Le seuil de rentabilité parle de résultat, pas de trésorerie. Trois écarts sont à garder en tête.

Le seuil de rentabilité est donc une pièce du prévisionnel financier, à côté du plan de financement et du plan de trésorerie mois par mois. Nous l'exprimons toujours en activité concrète : couverts, chantiers, rendez-vous ou journées facturées.

Les erreurs fréquentes

Questions fréquentes

Les salaires sont-ils des charges fixes ou variables ?

En général, fixes : un salarié en CDI est payé même pendant un mois calme. Les extras, l'intérim et les heures supplémentaires liées à un pic d'activité sont plutôt variables, comme les commissions sur ventes versées aux vendeurs. Faites le tri ligne par ligne plutôt qu'en bloc.

Quelle différence entre seuil de rentabilité et point mort ?

Le seuil de rentabilité est un montant de chiffre d'affaires. Le point mort est le moment de l'année où ce montant est atteint, exprimé en jours ou en mois. Le premier dit combien il faut vendre, le second quand vous y arrivez.

Comment calculer le seuil avec plusieurs activités ?

Calculez la marge sur coûts variables de chaque activité, puis un taux moyen pondéré par la part de chacune dans vos ventes. Si cette répartition change, le seuil change aussi. Un salon qui vend davantage de produits n'a pas le même taux qu'un salon qui ne fait que des prestations.

Le remboursement d'un emprunt entre-t-il dans les charges fixes ?

Les intérêts, oui. Le capital remboursé, non : ce n'est pas une charge du compte de résultat. Il pèse en revanche sur la trésorerie, et c'est le plan de trésorerie qui le fait apparaître.

Faire le calcul sur vos chiffres

Vous créez ou reprenez une entreprise ? Le seuil de rentabilité fait partie du travail de création ou de reprise. Vous êtes déjà installé ? Vos comptes annuels donnent la matière du calcul, à reclasser une fois. Selon votre métier, voir aussi la restauration, le BTP ou les métiers du conseil. Pour un premier échange, passez par le devis en ligne ou la page contact.

Source consultée

Lue le 05/11/2026.

---

Rédigé par David Ravouna, expert-comptable inscrit à l'Ordre des experts-comptables Auvergne-Rhône-Alpes.

Parlons de votre situation

Décrivez votre besoin en quelques mots. Le premier échange est sans frais et sans engagement : nous écoutons votre projet, nous présentons les options en général et notre méthode, puis nous vous adressons un devis. Les simulations chiffrées et les comparaisons adaptées à votre situation font l'objet d'une étude préalable, à un prix convenu par écrit avant de commencer.

Merci de ne pas indiquer de données de santé ni de coordonnées bancaires.

ARIS n'envoie ni infolettre ni offre commerciale à partir de ce formulaire. ARIS traite ces données pour répondre à votre demande. Elles sont conservées 3 ans au plus après notre dernier échange et réservées à ARIS et à ses prestataires techniques. Vous pouvez y accéder, les rectifier, les effacer ou vous opposer à leur traitement : contact@aris-expertise.com. Réclamation possible auprès de la CNIL. En savoir plus